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Au Cameroun, célébrer les enseignants ne suffit plus :

À l’occasion de la Journée mondiale des enseignants, célébrée ce 5 octobre, le Cameroun rend hommage à celles et ceux qui assurent chaque jour la transmission des savoirs. Mais derrière les cérémonies et les discours, la profession reste confrontée à des défis.

Au Cameroun, célébrer les enseignants ne suffit plus  :

Une profession au cœur du système éducatif.

Dans les écoles et établissements scolaires du Cameroun, l’enseignant reste le principal relais entre les politiques éducatives et les élèves. De Yaoundé à Douala, de Maroua à Bertoua, de Bafoussam à Bamenda, sa mission consiste à transmettre les connaissances, accompagner les apprentissages et préparer les jeunes à leur insertion dans la société.

La Journée mondiale des enseignants, célébrée chaque 5 octobre, constitue ainsi un moment de reconnaissance pour une profession qui joue un rôle déterminant dans le développement du pays.

Mais au-delà de l’hommage, cette journée invite également à regarder les réalités du terrain. Classes chargées, besoins en personnel, disponibilité des équipements pédagogiques, formation continue et conditions d’exercice sont autant de questions qui influencent directement la qualité des apprentissages.

Le défi est donc de faire de la reconnaissance de l’enseignant une réalité qui se traduit aussi dans son environnement professionnel.

Des disparités qui persistent sur le terrain.

Le système éducatif camerounais présente des réalités différentes selon les régions et les localités. Les besoins d’une école située dans une grande métropole ne sont pas nécessairement ceux d’un établissement rural ou d'une zone difficile d'accès.

Les documents de planification du ministère de l’Éducation de base mettent notamment en évidence des disparités dans les taux d’encadrement entre les régions. Certaines zones, notamment l’Extrême-Nord, l’Adamaoua, le Nord et l’Est, connaissent des besoins importants en matière d’encadrement dans le préscolaire public.

À ces disparités territoriales s’ajoutent les conséquences des crises qui affectent certaines parties du pays. Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, comme dans l’Extrême-Nord confronté aux effets de l’insécurité dans le bassin du lac Tchad, la continuité de l’éducation demeure un défi.

Dans ces contextes, l’enseignant ne fait pas uniquement face aux exigences pédagogiques. Il doit parfois exercer dans des environnements marqués par l’insécurité, les déplacements de populations et la vulnérabilité des communautés.

La question de l’enseignant est donc également celle de l’égalité d’accès à une éducation de qualité pour les enfants, quel que soit leur lieu de résidence.

Former autrement pour répondre aux nouveaux besoins.

Le métier d’enseignant évolue. Les attentes vis-à-vis de l’école camerounaise sont aujourd’hui plus importantes : améliorer les apprentissages fondamentaux, favoriser l’inclusion, intégrer les outils numériques et préparer les élèves à un environnement professionnel en mutation.

Cette évolution suppose de renforcer la formation initiale mais également la formation continue.

Le Programme d’appui à la professionnalisation du métier de l’enseignant au Cameroun, notamment, s’inscrit dans cette dynamique. La refonte des programmes de formation des instituteurs vise à mieux préparer les futurs enseignants aux réalités contemporaines de leur métier.

En juillet 2026, un accord entre le Cameroun et l’UNESCO dans le cadre du Projet d’appui à l’éducation de base au Cameroun a également prévu le renforcement des compétences de plus de 50 000 enseignants, superviseurs et acteurs pédagogiques, ainsi que le développement de l’usage des technologies numériques dans l’enseignement.

L'enjeu est important : un enseignant mieux formé est mieux armé pour accompagner les transformations de l'école. Mais encore faut-il que les établissements disposent des infrastructures et des outils nécessaires à la mise en pratique de ces nouvelles compétences.

Célébrer, mais surtout agir

La Journée mondiale des enseignants offre donc au Cameroun l'occasion de dépasser la seule logique commémorative.

Reconnaître le rôle de l'enseignant, c'est aussi s'interroger sur son parcours professionnel, ses conditions d'exercice, sa formation, ses perspectives de carrière et les moyens mis à sa disposition.

La question concerne également la répartition des enseignants sur le territoire. Dans un pays marqué par de fortes disparités géographiques, renforcer les effectifs là où les besoins sont les plus importants constitue un enjeu pour l'équité du système éducatif.

À cela s'ajoutent les défis de l'inclusion, du numérique et de la qualité des apprentissages fondamentaux. La stratégie camerounaise du secteur de l'éducation et de la formation 2023-2030 prévoit d'ailleurs une augmentation des besoins en personnel enseignant dans plusieurs niveaux du système éducatif.

Le 5 octobre apparaît ainsi comme un rendez-vous qui permet de mesurer le chemin parcouru, mais surtout de rappeler ce qui reste à accomplir.

Au Cameroun, célébrer les enseignants ne suffit plus. La véritable reconnaissance de leur rôle passe aussi par des politiques capables d'améliorer durablement leur formation, leurs conditions d'exercice et les moyens dont ils disposent pour accomplir leur mission. Car derrière chaque enseignant se joue une partie de l'avenir de l'école camerounaise, et derrière chaque salle de classe se construit une partie de l'avenir du pays.

Charles Fils Elangue

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