A quelques heures de cette rentrée, les autorités annoncent un renforcement du dispositif de sécurité sur l’ensemble du territoire.

Les forces de défense et de sécurité mobilisées avant la rentrée.

La principale mesure annoncée intervient au niveau national. Le 26 août 2026, une réunion spéciale d’évaluation sécuritaire s’est tenue au ministère de la Défense, sur hautes instructions du chef de l’État et sous la présidence du ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo.
Autour du ministre, plusieurs responsables des administrations civiles, de la Sûreté nationale, de la Gendarmerie, du renseignement et du commandement militaire ont procédé à une évaluation de la situation sécuritaire du pays en prélude à la rentrée scolaire du 7 septembre.
Cette réunion a conduit à la prescription d’une intensification des opérations de sécurisation, en coordination avec les autorités administratives et les acteurs locaux. Le dispositif vise notamment à offrir un cadre plus sécurisé aux élèves, aux enseignants et aux familles.
La présence des forces de sécurité est particulièrement appelée à être renforcée dans les zones identifiées comme sensibles et autour des principaux points de passage.

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Une attention particulière aux régions et localités à risque.

La rentrée 2026 se déroule dans un contexte où certaines parties du pays demeurent exposées à des menaces spécifiques.
Selon l’évaluation présentée par le ministère de la Défense, les autorités restent particulièrement vigilantes face aux incursions terroristes sporadiques dans l’Extrême-Nord, aux mots d’ordre de « villes mortes » encore observés dans certaines localités du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ainsi qu’aux prises d’otages avec demande de rançon dans certaines zones du Septentrion.
Les frontières orientales et méridionales, la sécurité maritime et la criminalité urbaine figurent également parmi les points de vigilance recensés. En réponse, les opérations de sécurisation doivent être intensifiées avec une coordination accrue entre forces de défense, forces de sécurité et autorités administratives.
Cette approche est importante pour les élèves vivant dans les zones fragiles, où le déplacement vers l’école peut lui-même constituer un risque.

La sécurisation des déplacements et des axes routiers.

La sécurité des élèves ne se limite pas à l’enceinte scolaire. Elle commence dès le trajet entre le domicile et l’établissement.
Cette question est d’autant plus sensible en ce jour de rentrée scolaire les déplacements connaissent traditionnellement une forte augmentation. Le gouvernement a donc fait de la sécurité routière l’un des points de vigilance de la période.

Le ministère des Transports avait lancé, dès le 25 juin 2026, une campagne spéciale de contrôle et de répression des infractions routières. Le dispositif a notamment porté sur le stationnement dangereux des véhicules, phénomène présenté comme l’une des causes récurrentes d’accidents. Le ministère a annoncé une nouvelle phase de la campagne après l’accident meurtrier survenu le 14 août à Nomalé, sur l’axe Yaoundé-Bafoussam, qui a fait 16 morts et 42 blessés selon le bilan communiqué.
Plus largement, les autorités travaillent également sur la surveillance du comportement des conducteurs. Le système numérique Ym@ne Driver, présenté au Parlement en juin 2026, repose notamment sur la vidéosurveillance et des capteurs embarqués afin de détecter les comportements à risque tels que les excès de vitesse, la somnolence ou l’utilisation du téléphone au volant.
Pour les familles, l’enjeu est donc clair : garantir que l’élève soit non seulement en sécurité à l’école, mais également sur le chemin de l’école.
Assainir les établissements scolaires pour mieux protéger les élèves
La sécurité passe aussi par le contrôle des établissements eux-mêmes.
En cejour de rntrée, le ministère de l’Éducation de base a annoncé la fermeture de 803 établissements privés clandestins répartis dans six régions du pays : l’Adamaoua, le Centre, l’Est, le Littoral, l’Ouest et le Sud. Ces structures ont été fermées pour exercice clandestin de leurs activités et pour des manquements graves aux dispositions légales et réglementaires. Elles ne pourront reprendre leurs activités qu’après régularisation et sur instruction du ministre.
Cette opération participe à l’assainissement du secteur éducatif. Derrière la question administrative se pose également celle de la protection des enfants : un établissement non autorisé ou fonctionnant en dehors des normes peut exposer les élèves à des risques liés à l’encadrement, aux infrastructures, à la discipline ou aux conditions générales de prise en charge.
Le contrôle des structures scolaires apparaît ainsi comme un élément de prévention à part entière.

Prévenir les violences, les drogues et les autres menaces en milieu scolaire.

La protection des élèves concerne enfin les risques qui existent à l’intérieur même de l’environnement scolaire.
En février 2026, la Gendarmerie nationale avait déjà mené une campagne de sensibilisation dans plusieurs villes, notamment Tibati, Ngaoundéré, Betaré Oya, Douala et Nkongsamba. Les échanges avec les élèves portaient notamment sur les dangers liés à la consommation de drogues et de substances psychotropes, à la cybercriminalité, aux violences et au port d’armes blanches en milieu scolaire.
Cette dimension préventive reste essentielle alors que les autorités doivent également faire face aux violences physiques et psychologiques, au harcèlement, aux abus sexuels et à d’autres formes d’atteinte à l’intégrité des mineurs.
Le ministère de l’Éducation de base prévoit d’ailleurs, dans sa programmation 2026-2028, des campagnes de sensibilisation portant notamment sur la sécurité en milieu scolaire, les violences, le VIH, l’alcool et la drogue.
La sécurité scolaire apparaît donc comme une responsabilité partagée : celle des forces de sécurité, des administrations scolaires, des enseignants, des parents, mais aussi des élèves eux-mêmes.
Une rentrée placée sous le signe de la vigilance.
Cette rentrée scolaire 2026-2027, le Cameroun mise ainsi sur une approche multidimensionnelle : renforcement des opérations de sécurité, vigilance dans les zones en crise, surveillance des axes routiers, contrôle des établissements et prévention des violences en milieu scolaire.
Le défi sera désormais de transformer ces décisions en mesures effectivement visibles sur le terrain. Car pour les familles, la question reste très concrète : les enfants pourront-ils aller à l’école, y rester et en revenir chaque jour en toute sécurité ?
La réussite de cette rentrée ne se mesurera donc pas uniquement au nombre d’élèves présents dans les salles de classe. Elle dépendra aussi de la capacité des autorités et de l’ensemble de la communauté éducative à faire de l’école un espace véritablement protecteur.
Xandra Beyene
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